Fricassée de museau

fricassée de museau

Une autre façon de manger le pâté de tête, sauté à l’ail et au persil

Je ne sais pas si vous avez déjà réalisé un pâté de tête mais en fait vous vous retrouvez avec 2 à 3 kg de charcuterie et au bout d’un moment, on se lasse.

Voici donc une autre façon de le déguster, en entrée ou en tapa à l’apéro, c’est très sympa, et vite fait.

Pour une part :

100 g de pâté de tête, hachis ail et persil,  une peu d’huile (ou beurre, ou graisse), piment d’espelette.

Simple comme bonjour. Mettez à chauffer votre corps gras à feu vif dans une poêle ou sur une plancha.

Mettez votre tranche de tête. Vous verrez, votre gélatine va fondre puis vos morceaux de viandes vont commencer à rissoler.

La gélatine va former très vite un croustillant. Quand c’est bien doré, ajoutez votre hachisd’ailetdepersil (en un seul mot c’est mieux, ça résume le concept) et servez fumant.

Un régal canaille et convivial.

 

Mon pâté de tête

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ça vaut vraiment le coup de faire sa tête de cochon !

La couenne, le cartilage, la gelée : ou l’on déteste, ou l’on s’en régale. Pour tout vous dire, moi, c’est mon péché mignon. Alors de temps en temps je me cuisine un pâté de tête. la seule petite originalité est dans le bouillon qui a une petite touche asiatique.

Ingrédients : Une tête de porc déjà ébouillantée (en principe c’est vendu comme ça, sinon faîtes le),

Pour le bouillon : une carotte, un oignon, un vert de poireau, un peu de céleri (boule dans ce cas, mais branche si vous voulez), deux champignons bruns, 3 yeux de badiane, 4 clous de girofle, 3 tiges de persil plat avec les feuilles, un quart de bulbe de fenouil, un verre de vinaigre de cornichon, sel et poivre.

Pour le pâté : une vingtaine de feuilles de persil plat que vous hachez menu-menu.

La recette

Coupez en petits morceaux l’ensemble des éléments de la marinade et mettez les dans un grand fait tout avec votre tête (de cochon). Remplir d’eau à affleurement. Mettez à bouillir tranquillement puis laissez cuire à petit feu très doux. Vous devez avoir une ébullition très discrète.

Il faut au moins deux heures et demie pour que vos viande soient cuites, moi ça a même cuit 3 heures à partir de l’ébullition. Regardez avec la pointe d’un couteau et arrêtez quand ça vous plait.

Sortez la tête dans un grand plat.

Filtrez votre bouillon en laissant le fond où toutes impuretés se sont déposées. Faîtes le bouillir à gros feu pour qu’il réduise au moins à moitié, et même au trois quarts? Avec un litre et demi restant vous devriez avoir une belle gelée.

Détachez les chairs de la tête, taillez en petits dés. Mettez dans un grand saladier. Rajoutez votre bouillon (là aussi laissez le fond, il doit encore y avoir des impuretés) et votre persil. Mélangez. Rectifiez l’assaisonnement si nécessaire.

Constituez votre pâté de tête dans des moules.

Laissez prendre en gelée (il faut au moins douze heures).

 

Terrine de cerf

Terrine de cerf - 2

Une friandise à partager entre amis

Quand on habite un pays de chasseurs, on trouve toujours quelqu’un pour vous donner du gibier. Faut croire que le plaisir de la traque est supérieur à celui de la table. En tous cas, la générosité d’un ami m’a permis, pour mon traditionnel pique-nique entre amis du 14 juillet, d’emmener cette année ma modeste contribution : une terrine de cerf.

Tout ce qu’il y a de plus classique d’ailleurs. Et pas de fenouil cette fois ci.

Voici donc la recette, avec des ingrédients nés de la tradition et du hasard. Le résultat était pas mal.

Ingrédients pour une belle terrine de 2,5 l et une autre de 1 l (faut ce qu’il faut !)

Viande de cerf : 1,5 kg – Poitrine de porc 1,5 kg – La graisse (entière) de deux magrets de canard – 5 cl de muscat de Mireval – 1 cuillère à soupe de vieux cognac de qualité – Une douzaine de noisettes – Un bel oignon – Deux cuillers à soupe de trompettes de la mort séchées réduites en miettes – 10 cl de glace de viande bien prise – 50 g de lard fumé – 5 feuilles de sauge – graisse de canard – 10 g de sel par kg – 5 g de poivre

La veille : Couper votre viande cerf en lanières. Selon le morceau, si vous pouvez, réservez 2 escalopes de 1 cm d’épaisseur. Mettez à mariner la viande cerf (y compris les escalopes) avec le cognac et le muscat.

Le jour même : cassez grossièrement les noisettes. Faîtes les torréfier à sec dans une poêle. Réservez.

Hachez votre oignon. Faîtes le fondre dans la poêle avec de la graisse de canard. Réservez.

Saisissez à feu fort dans de la graisse d’oie vos deux escalopes de cerf. Réservez.

Taillez votre lard fumé en petits lardons.

Faîtes fondre votre glace de viande à feu moyen.

Enlevez la couenne de la poitrine, taillez la en lanières pour hacher.

Passer au hachoir votre viande de cerf, votre poitrine et votre graisse de canard.

Bien mélanger ensuite l’ensemble des ingrédients (sauf les escalopes) y compris en récupérant la marinade du cerf.

Graissez vos terrines.

Remplir aux deux tiers la première puis y placer vos deux escalopes et finissez de remplir. Décorer avec trois feuilles de sauge.

Remplir la seconde terrine tout bêtement et décorer avec deux feuilles de sauge.

Je les ai fait cuire au four à 150°. Environs une heure trente la petite, 2 heures la grosse.

Une demi heure avant la fin de cuisson j’ai découvert pour que la croute soit dorée. Si vous aimez plus doré, faîtes le avant. Moins, restez couvert.

En fait le temps est approximatif. J’ai mesuré au thermomètre de cuisson 82°. Vous pouvez aussi vous servir d’une aiguille. Lorsque qu’il n’y a plus de sang qui sort quand vous piquez au cœur, c’est cuit.n’allez pas au delà, ça va se dessécher.

Commentaires, variantes…

1 – Le fait du hasard, c’est la graisse de canard. La vérité c’est que je préparais des magrets pour le soir et comme je ne laisse que 5 mm de graisse pour les cuire et ne pas les frire (et que je cuis la peau en chips) je n’ai pas eu le cœur de jeter cette belle graisse. Du coup, comme vous le voyez sur la photo, la terrine est largement grasse, ce qui lui amène beaucoup de moelleux. Quand à la graisse des côtés; je l’ai récupérée, et je vous sis rien, pour faire sauter des patates, elle a un super arôme !

2 – Il n’y a rien de figé dans les ingrédients. Un vin doux c’est important pour compenser la force du gibier et amener un peu de sucre ( mais vous pouvez aussi y mettre des raisins secs). Un bon alcool fort aussi relève le goût, mais  je n’en ai pas trop mis, mon but était de faire ressortir le goût du gibier. Le cognac, c’est parce que c’était le cadeau d’un ami qui était au pique nique. Mais un armagnac, une bonne prune ou poire ça le fait aussi. Plus l’alcool sera vieux avec des tannins fondus, meilleur ce sera.

3 – Vous voyez sur la terrine les lardons fumés à la surface. C’est parce que je les avais oubliés, je les ai donc enfoncés dans mes terrines déjà prêtes à enfourner. Là aussi, ils sont à mon avis importants pour mettre en valeur la viande de cerf. Mais c’est comme pour l’alcool : allez y mollo, ce n’est pas une terrine de lard fumé, ils doivent rester derrière.

4 – Sur la photo on voit le morceau d’entame et pas la tranche du milieu, c’est dommage car vous auriez pu admirer la tranche d’escalope bien rosée prise dans la terrine. Elle amène de la mâche et rappelle le produit de base.

5 – Nous l’avons mangée deux jours après, mais il en restait un peu, et je vous jure, le meilleur, c’est cinq jours après. Alors il faut anticiper. En tous cas, une règle de base : une terrine faîte de la veille ou du jour n’est jamais aussi bonne que quand elle a rassis.

6 – La glace de viande c’est pour amener de la tenue à la terrine. On en a trop vu qui se défont dès le premier coup de couteau. Si vous n’en avez pas, voyez avec de la gelée en poudre ou même de l’agar agar quand vous faîtes votre farce.

Une autre idée, plus rustique mais très efficace. Faîtes cuire 10 minutes à eau frémissante votre couenne de poitrine (pas plus, sinon « ça fait le fromage » comme dit mon beau frère agriculteur), coupez la en lanières puis cassez là au hachoir en même temps que la viande. Là vous aurez une terrine avec une tenue parfaite, presque dure, avec de petits bouts de couenne à l’intérieur. Tout le monde n’aime pas mais ça marche impeccable.

Il y aussi la façon classique : rajouter un œuf et de la mie de pain trempée dans du lait. Ouais… Moi je crains toujours de garder plusieurs jours les préparations avec de l’œuf. Avec cette cuisson douce, les collagènes de la viande font leur boulot aussi et amènent un beau résultat avec la glace de viande. Regardez la gelée au fond, sa tenue, elle vous fait pas rêver?

7 – La sauge c’est juste un peu de snobisme pour pas mettre de laurier, mais vous pouvez bien entendu.

8 – La seconde terrine, c’est pour donner à votre neveu s’il est dans le coin, avant qu’il ne parte aux fêtes à Narbonne et aux remparts de Carcassonne  (et pour goûter au p’tit dej’ aussi).

Un jambonneau comme chez mon charcutier

Jambonneau comme chez le charcutier

Pour les inconditionnels de la couenne et de la gélatine

Depuis tout petit j’ai toujours adoré le jambonneau, pas vous? Plus gouteux que le jambon, moelleux mais résistant sous la dent: pour moi c’est une vraie friandise.

A couper en dés dans une salade, à déguster tel quel, avec des cornichons, de la mayonnaise ou une « sauce pointue » comme dit ma belle mère.

Ce n’est pas un morceau coûteux. Il faut juste prendre le temps de le cuire dans un bon bouillon, lentement mais sûrement et « il fera son métier » de jambonneau.

Je ne le cuis pas toujours de la même façon, (j’ai une version plus asiatique ici) mais voici une cuisson « charcutière ».

Pour le bouillon pour cuire 3 ou 4 jambonneaux:

Sel (Je ne prends pas de jambonneau demi-sel, donc je force un peu le sel dans le bouillon.) – Poivre – Un vert de poireau – Un oignon taillé en morceaux – Une carotte en rondelle – Thym – Sauge – Estragon – Persil – Un champignon brun taillé aussi – Deux cuillères à soupe de graines de moutarde – 2 clous de girofle – Un petit verre de vinaigre d’un pot de cornichon (à doser pour qu’il y ait de l’acidité mais pas trop)

Amenez votre bouillon à petite ébullition (82°) et plongez les jambonneaux (vous pouvez aussi les marier à des oreilles, du nez, des langues, les pieds). Laissez blou-blou ter tranquillement au moins 3 heures, voire plus si affinité.

Votre viande se détachera de l’os facilement sans non plus tomber en lambeaux (je dirais température inter à 72 °). Désossez vos jambonneaux. Mettez les chacun dans un récipient tronc-conique pour leur donner la forme (un bol par exemple) puis envoyez au frais.

Filtrer le bouillon. Faîtes le réduire au moins au trois quart. Avec une louche ajustez le niveau sur vos jambonneaux. Ils vont se gonfler du bouillon et prendre en gelée en douze heures environs.

L’intérieur reste bien rose. C’est dû à la température de cuisson.

Vous pouvez maintenant utiliser ce jambonneau comme cela vous chaut. Vous pourrez dire à vos amis ébahis : « c’est moi même qui l’ai fait ! »

Le reste de gelée vous pouvez le garder, le faire prendre puis le dégraisser, le débarrasser des impuretés tombées au fond et vous aurez une gelée transparente et savoureuse que vous pouvez couper en cubes et congeler.

Vous agrémenterez une poêlée de légumes, vous donnerez du velouté et du goût à une soupe, vous en ferez un fond de sauce moutarde pour une andouillette, voire même une mayonnaise !

Il n’y a dedans aucune graisse : juste des protéines et des sels minéraux. Et c’est un précieux auxiliaire de cuisine qui vous fera passer pour un chef au quotidien.

PS : cette recette est dans la catégorie charcutailles. Charcutier = chair-cuitier